22 janvier 2012 : Le sommet des Suvières

N’avons-nous pas bien fait de choisir ce 22 janvier 2012 pour nous en aller promener vers le sommet des Suvières à travers les bois de chênes lièges, de pins et d’arbousiers ? Il faisait beau, il faisait bon et le ciel était d’une limpidité qui frisait l’ostracisme à l’égard des nuages ou des ciels parisiens. Tout juste une brume volage, s’amusant sur l’horizon maritime à polluer un peu l’air des poissons-volants, nous aura-t-elle empêché d’admirer les sommets de la Corse voisine.

Ce 22 janvier 2012, donc, était bel et bien le jour idéal pour une telle promenade. Voilà la chose décrétée. D’ailleurs, imaginez seulement que nous ayons eu la fâcheuse idée de programmer cette randonnée il y a 280 millions d’années. Imaginez donc ! Si nous avions eu cette idée saugrenue, pour changer un peu des peaux de bêtes à neige en ce premier trimestre de l’an 2 797 988 avant Jésus Christ,  il est fort à parier que nous aurions eu rien moins que chaud… aux fesses (si j’ose m’exprimer avec une telle familiarité) !

Il y a 280 millions d’années, dans les parages du sommet des Suvières, dans l’Estérel, ça faisait bing, ça faisait boum, ça faisait patatrac et il sortait des fleuves de magma, des flots de cendres ardentes et des nuées gazeuses dans tous les sens. Des raquettes à lave, d’ailleurs, n’auraient sans doute pas suffi pour nous permettre de faire l’ascension de ce pourtant modeste promontoire sans nous brûler les arpions. Et nous eûmes probablement été engloutis par quelque coulée de lave à la progression nonchalante mais persévérante.

Non, vraiment, nous avons bien fait d’y aller le 22 janvier 2012. C’était juste comme il faut…

 Connectez-vous à l’espace adhérent et découvrez le bonus de cet article !

15 janvier 2012 : Le Monte Carparo et la Principauté de Seborga

L’information est tombée à l’instant sur les téléscripteurs de toutes les rédactions du monde entier et d’ailleurs : Des nouvelles croustillantes de la Principauté !

Qu’est-ce à dire ? La princesse Plouf aurait-elle déjà dévoré son amant ?

Non ! Plus croustillant encore…

Sur le sommet du Monte Carparo, en ce 15 janvier 2012, au cours du pique-nique de la randonnée d’Alti+ qui se déroulait, ce jour-là, sur le territoire de la Principauté de Seborga, Maëlle nous a promis qu’à l’occasion de sa prochaine participation, elle préparerait un… gâteau. Elle a promis, entendez-vous ? Et ça, si vous voulez bien en croire l’auteur de ces lignes, ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Parce que Philippe et les gâteaux…

14 janvier 2012 : La montagne de l’Estrop

Pour la toute première randonnée à raquettes sportive de l’année 2012 dans le cadre de la nouvellement constituée section « Sport » d’Alti+, force est de reconnaître que nous n’avions pas beaucoup de… neige. Nous n’avions pas beaucoup de sportifs non plus, d’ailleurs, mais il faut un début à tout… Et qu’importe après tout, car cette petite troupe de sportifs, courageuse et pleine d’allant, qui s’en est allée (avec son courage et son allant donc) conquérir, au beau milieu de l’hiver, la majestueuse montagne de l’Estrop et ses 2246 mètres d’altitude avait bien fière allure. A quoi reconnaît-on un sportif ? Me le direz-vous ? A ses mollets galbés et ses biceps proéminents ? A son pas guerrier ou bien son air vainqueur ? A sa Ferrari ou sa Maserati ? Las ! Vous n’y êtes pas du tout. Ces sportifs-là ne font rien de plus que l’honneur des gazettes. Chez nous, chez Alti+, les sportifs gravissent les montagnes. Et vous savez quoi ? On les reconnaît sans peine parce qu’ils ont toujours le sourire aux lèvres. Heureux d’être là. Là, où une brise montante les cajole, qui n’est ni chargée de microbes, ni empestée de dioxyde de carbone, et les aide à retenir les larmes de joie qu’ils n’osent laisser couler, tant ils sont pudiques et méritants. Là donc, et pas sur un terrain de football sous les yeux exorbités de plusieurs dizaine de milliers de coreligionnaires vociférant, à courir panurgiquement après un ballon circonférant vainement un pauvre hectare d’herbe synthétique, en guettant l’adversaire, le muscle saillant et toujours prêt à rendre un mauvais coup…

Merci à Sophie pour les photos…

8 janvier 2012 : La cime de Roccassiera

Le sens commun, qui ne dit pas toujours que des bêtises, a coutume de laisser à entendre que les guides de montagne sont un peu… menteurs. Qu’ils ont, en tout cas, une façon bien à eux de rendre compte des réalités d’un milieu qui, quoique parfois hostile, est celui dans lequel ils évoluent, chaque jour que Dieu fait, pareils à des poissons qui évolueraient dans l’eau si seulement les poissons évoluaient encore dans l’eau et non dans les hydrocarbures.

La réalité, la vraie donc et pas celle des guides de montagne, c’est que ce jugement du sens commun n’est, somme toute, pas dénué du moindre fondement. En tout cas, chez Alti+, les guides semblent s’appliquer à donner raison au sens commun avec un zèle qui dépasse l’entendement. Tenez, ce dimanche par exemple : « Randonnée Facile » qu’y disaient ! Ouais, ouais, ouais… Randonnée facile ? Et mon jarret, c’est du poulet ?

Et là encore :

Y z’avaient écrit : « Nous partirons résolument vers le sommet* d’où nous pourrons jouir d’un des plus beaux points de vue des Alpes-Maritimes. » Encore un mensonge ! Ou, à tout le moins, une dissimulation de la vérité. Disons plutôt, à leur décharge, une édulcoration… Sacré nom d’une pipe ! Que nous soyons pendus si nous n’avons pas contemplé, ce dimanche après-midi, LE plus beau point de vue des Alpes-Maritimes**. Et quand nous disons « beau » nous nous demandons si nous n’aurions pas, à l’instar des guides d’Alti+, une notable tendance à l’édulcoration.

Comment voulez-vous qu’on continue à les croire après ça ?

* Note du traducteur : Celui de la cime de Roccassiera. Une espèce de gros bloc de calcaire hostile, oui…

** Note du traducteur (pour les moins de 30 ans) : THE plus beau point de vue des Alpes-Maritimes.

19 septembre 2010 : Rando Joëlette dans la Gordolasque

Le décor : Un hôtel, au nord. Au nord d’on ne sait où. D’un sud aux effluves marins, probablement. Puis, lorsque le jour sera levé (il fera beau), la scène se déplacera dans un recoin du ciel. Où poussent les brebis et paissent les chardons.

Les acteurs : Des gens. Beaux. Que n’effraie pas l’ombre d’une inquiétude. Des facteurs de générosité. Humbles et besogneux.

L’héroïne : Une roue. A peine habillée. Mais pudique pourtant.

L’action : Une chevauchée fantastique et sublime. On entendra les anges souffler dans leur biniou avec une joie tantôt sauvage et débridée, tantôt prudente et mesurée. Et Dieu fera celui qui n’a rien entendu.

Silence, on tourne !

12 septembre 2010 : La cascade de Vescagne

Savez-vous où se trouve la cascade de Vescagne ? Elle se trouve au fond d’une jungle hostile, à quelques pas de la mine homonyme où l’on extrayait autrefois à la force des bras de maigres quantités de lignite destinées aux industries locales, et ne se révèle qu’aux intrépides, au coeur aventureux et à la foi solide, qui se risquant à travers les broussailles impénétrables, les rochers acérés et les fleuves bouillonnants exposent leur vie pour en découvrir l’humble mais fascinante beauté. Qui parmi nous, qui sommes allés au bout de cette aventure insensée et en sommes revenus, peut dire qu’il n’a pas perdu dans cette folle entreprise un peu de soi ? Nul sans doute. Mais que dire alors de ceux qui y sont restés ? De ceux que nous avons dû abandonner aux alligators excités par la fureur chasseresse et la joie de se mettre quelque chose sous la dent ? De ceux que les sables mouvants ont engloutis sous nos yeux en riant de notre impuissance à leur venir en secours ? De ceux que des serpents à cornes, inconnus des erpétologistes même, ont embrochés avant de les gober comme de vulgaires oeufs de coucou ? De ceux que les coucous ont rendus fous avec leur chant lancinant et sauvage ? Je ne vois qu’une chose à dire : Paix à leur âme et à la semaine prochaine…

5 septembre 2010 : Mont Saint Honorat

Il aura fallu le temps ! Combien fois programmée, combien de fois annulée ? Voilà une ascension qui n’aurait sans doute jamais dû se faire tant le sort s’acharnait sur elle, tant les dieux de cet Olympe austère semblent vouloir jalousement jouir des joies que leur procurent cette rocaille apocalyptique, cette herbe rase peuplée de besogneux chardons et ces vents inhospitaliers. Mais voilà ! Chez Altiplus, on n’a qu’une idée en tête : Casser les pieds aux dieux, quels qu’ils soient. Se refugieraient-ils au fond des plus insondables abysses océaniques que nous trouverions bien un moyen d’organiser une randonnée “Profondeurs”, histoire de nous en venir leur chatouiller les branchies sur un sommet du rift sous-marin. Ce dimanche, donc, nous avons fini par réussir à honorer nos engagements. A notre humble mesure. A défaut du bon Dieu, en effet, nous sommes allés saluer un de ses saints. Saint Honorat pour être plus précis. Il était bien content d’nous voir. “Parce que là-haut, nous a-t-il confié, qu’est ce qu’il s’emm…”

21 et 22 août 2011 : Inoubliable week-end à Mollières

Recette pour un beau week-end en montagne

Ingrédients :

1) Une bonne poignée de randonneurs alertes et joyeux. Vérifier la fraîcheur en regardant l’état des semelles. Des semelles qui commencent à se décoller indiquent que le randonneur n’a pas été sorti de son trou depuis un certain temps.

2) Quelques lacs (avec de l’eau dedans de préférence) d’altitude. Se méfier des lacs de fin de saison que l’on reconnaît aisément aux cernes qu’ils ont autour de l’oeil.

3) Un ciel ni plus bleu, ni moins bleu qu’à l’ordinaire. Quelques nuages vagabonds mais pusillanimes permettent de juger de la pertinence du choix. Un soleil resplendissant ne gâte rien. Se méfier toutefois des ciels trop clairs, souvent sources de rayonnement excessif.

4) Un Parc (national de préférence) avec tout plein de loups dedans.

5) Un guide de première qualité. Attention, c’est relativement difficile à dégoter. On peut en trouver quelques-uns chez ALTI+, 27 rue de la Canaille, 06 000 GRAND-ESCROC-GRIFF (Vous pouvez y aller de ma part).

Préparation :

Aguicher les randonneurs assez longtemps à l’avance avec des accroches du genre : “des paysages à vous couper le souffle”, ou bien “nous nous en irons écouter le loup hurler à la lune” ou bien encore “niveau modéré”.

Mettre tout ce beau monde dans un minibus : allez hop ! embarquement immédiat…

Déposer les randonneurs au point de départ, leur faire comprendre que “c’est par là” et partir en courant pour être le premier sous la douche.

En chemin, prendre garde à ne pas écraser les serpents qui vous filent sous les doigts de pieds.

Bien préciser aux randonneurs qu’il est formellement interdit de cueillir quoi que ce soit dans un parc national. Faire semblant de ne pas les voir ramasser des framboises et des champignons dans son dos et les démasquer par surprise avec une grosse voix (toujours en profiter pour leur confisquer leur cueillette).

Entasser les randonneurs dans un petit gîte de rêve sans électricité et sans possibilité d’utiliser son “…” de téléphone de “…” pour passer une soirée inoubliable (ne pas oublier ses boules quiès).

Repartir le lendemain matin du bon pied et d’un bon pas pour visiter une vacherie où l’on aura pris soin de négocier avec le vacher une commission sur les ventes effectuées ce jour (y’a pas d’petit profit).

Garder à la montée un rythme propre à ne pas provoquer l’étouffement prématuré des randonneurs. Les faire boire régulièrement.

Au col, permettre aux cabrettes qui n’en ont pas eu assez de s’en aller chatouiller les sommets. Pendant ce temps faire la sieste en les gardant à l’oeil.

Et pour finir, les disposer autour d’un lac, les laisser prendre un dernier bol d’air et leur montrer comment il faut faire : plouf !

4 juillet 2010 : Le mont Archas et les vacheries d’Anduébis

Si j’étais lisse, dit le lys orangé, je me laisserais glisser vers le bas de la pente, jusqu’au petit torrent d’eau claire qui s’en vient des hauteurs où la neige s’apitoie jusque sur son propre sort, et dans une farandole tumultueuse, jouant du cours de l’onde entre les rochers et les branches d’arbre trahies par l’hiver, je m’en irais par la montagne vers les vallées profondes qui sillonnent le roc de leurs humeurs serpentiformes et j’atteindrais la mer. Ah ! La mer… J’aurais tant voulu pousser sur une dune. Si j’étais lisse, dit le lys orangé, j’en connais qui seraient vert. De jalousie. Pauvre lys ! Si seulement il savait se contenter d’être beau.