19 septembre 2010 : Rando Joëlette dans la Gordolasque
Le décor : Un hôtel, au nord. Au nord d’on ne sait où. D’un sud aux effluves marins, probablement. Puis, lorsque le jour sera levé (il fera beau), la scène se déplacera dans un recoin du ciel. Où poussent les brebis et paissent les chardons.
Les acteurs : Des gens. Beaux. Que n’effraie pas l’ombre d’une inquiétude. Des facteurs de générosité. Humbles et besogneux.
L’héroïne : Une roue. A peine habillée. Mais pudique pourtant.
L’action : Une chevauchée fantastique et sublime. On entendra les anges souffler dans leur biniou avec une joie tantôt sauvage et débridée, tantôt prudente et mesurée. Et Dieu fera celui qui n’a rien entendu.
Silence, on tourne !
12 septembre 2010 : La cascade de Vescagne
Savez-vous où se trouve la cascade de Vescagne ? Elle se trouve au fond d’une jungle hostile, à quelques pas de la mine homonyme où l’on extrayait autrefois à la force des bras de maigres quantités de lignite destinées aux industries locales, et ne se révèle qu’aux intrépides, au coeur aventureux et à la foi solide, qui se risquant à travers les broussailles impénétrables, les rochers acérés et les fleuves bouillonnants exposent leur vie pour en découvrir l’humble mais fascinante beauté. Qui parmi nous, qui sommes allés au bout de cette aventure insensée et en sommes revenus, peut dire qu’il n’a pas perdu dans cette folle entreprise un peu de soi ? Nul sans doute. Mais que dire alors de ceux qui y sont restés ? De ceux que nous avons dû abandonner aux alligators excités par la fureur chasseresse et la joie de se mettre quelque chose sous la dent ? De ceux que les sables mouvants ont engloutis sous nos yeux en riant de notre impuissance à leur venir en secours ? De ceux que des serpents à cornes, inconnus des erpétologistes même, ont embrochés avant de les gober comme de vulgaires oeufs de coucou ? De ceux que les coucous ont rendus fous avec leur chant lancinant et sauvage ? Je ne vois qu’une chose à dire : Paix à leur âme et à la semaine prochaine…
5 septembre 2010 : Mont Saint Honorat
Il aura fallu le temps ! Combien fois programmée, combien de fois annulée ? Voilà une ascension qui n’aurait sans doute jamais dû se faire tant le sort s’acharnait sur elle, tant les dieux de cet Olympe austère semblent vouloir jalousement jouir des joies que leur procurent cette rocaille apocalyptique, cette herbe rase peuplée de besogneux chardons et ces vents inhospitaliers. Mais voilà ! Chez Altiplus, on n’a qu’une idée en tête : Casser les pieds aux dieux, quels qu’ils soient. Se refugieraient-ils au fond des plus insondables abysses océaniques que nous trouverions bien un moyen d’organiser une randonnée “Profondeurs”, histoire de nous en venir leur chatouiller les branchies sur un sommet du rift sous-marin. Ce dimanche, donc, nous avons fini par réussir à honorer nos engagements. A notre humble mesure. A défaut du bon Dieu, en effet, nous sommes allés saluer un de ses saints. Saint Honorat pour être plus précis. Il était bien content d’nous voir. “Parce que là-haut, nous a-t-il confié, qu’est ce qu’il s’emm…”
21 et 22 août 2011 : Inoubliable week-end à Mollières
Recette pour un beau week-end en montagne
Ingrédients :
1) Une bonne poignée de randonneurs alertes et joyeux. Vérifier la fraîcheur en regardant l’état des semelles. Des semelles qui commencent à se décoller indiquent que le randonneur n’a pas été sorti de son trou depuis un certain temps.
2) Quelques lacs (avec de l’eau dedans de préférence) d’altitude. Se méfier des lacs de fin de saison que l’on reconnaît aisément aux cernes qu’ils ont autour de l’oeil.
3) Un ciel ni plus bleu, ni moins bleu qu’à l’ordinaire. Quelques nuages vagabonds mais pusillanimes permettent de juger de la pertinence du choix. Un soleil resplendissant ne gâte rien. Se méfier toutefois des ciels trop clairs, souvent sources de rayonnement excessif.
4) Un Parc (national de préférence) avec tout plein de loups dedans.
5) Un guide de première qualité. Attention, c’est relativement difficile à dégoter. On peut en trouver quelques-uns chez ALTI+, 27 rue de la Canaille, 06 000 GRAND-ESCROC-GRIFF (Vous pouvez y aller de ma part).
Préparation :
Aguicher les randonneurs assez longtemps à l’avance avec des accroches du genre : “des paysages à vous couper le souffle”, ou bien “nous nous en irons écouter le loup hurler à la lune” ou bien encore “niveau modéré”.
Mettre tout ce beau monde dans un minibus : allez hop ! embarquement immédiat…
Déposer les randonneurs au point de départ, leur faire comprendre que “c’est par là” et partir en courant pour être le premier sous la douche.
En chemin, prendre garde à ne pas écraser les serpents qui vous filent sous les doigts de pieds.
Bien préciser aux randonneurs qu’il est formellement interdit de cueillir quoi que ce soit dans un parc national. Faire semblant de ne pas les voir ramasser des framboises et des champignons dans son dos et les démasquer par surprise avec une grosse voix (toujours en profiter pour leur confisquer leur cueillette).
Entasser les randonneurs dans un petit gîte de rêve sans électricité et sans possibilité d’utiliser son “…” de téléphone de “…” pour passer une soirée inoubliable (ne pas oublier ses boules quiès).
Repartir le lendemain matin du bon pied et d’un bon pas pour visiter une vacherie où l’on aura pris soin de négocier avec le vacher une commission sur les ventes effectuées ce jour (y’a pas d’petit profit).
Garder à la montée un rythme propre à ne pas provoquer l’étouffement prématuré des randonneurs. Les faire boire régulièrement.
Au col, permettre aux cabrettes qui n’en ont pas eu assez de s’en aller chatouiller les sommets. Pendant ce temps faire la sieste en les gardant à l’oeil.
Et pour finir, les disposer autour d’un lac, les laisser prendre un dernier bol d’air et leur montrer comment il faut faire : plouf !
4 juillet 2010 : Le mont Archas et les vacheries d’Anduébis
Si j’étais lisse, dit le lys orangé, je me laisserais glisser vers le bas de la pente, jusqu’au petit torrent d’eau claire qui s’en vient des hauteurs où la neige s’apitoie jusque sur son propre sort, et dans une farandole tumultueuse, jouant du cours de l’onde entre les rochers et les branches d’arbre trahies par l’hiver, je m’en irais par la montagne vers les vallées profondes qui sillonnent le roc de leurs humeurs serpentiformes et j’atteindrais la mer. Ah ! La mer… J’aurais tant voulu pousser sur une dune. Si j’étais lisse, dit le lys orangé, j’en connais qui seraient vert. De jalousie. Pauvre lys ! Si seulement il savait se contenter d’être beau.
23 mai 2010 : Le Plateau de Calern
Avant notre venue, ce jour, sur l’austère plateau de Calern que les vents avec constance balaient, aiguisant sans cesse ses flancs acérés qui figurent comme des écailles surnuméraires toujours prêtes à en cisailler l’étique vastitude et y creusant des trous qui ressemblent à des tombeaux, il n’y avait rien. Pas âme qui daignât seulement y monter pour en apprécier la menaçante quiétude. Tout au plus des fleurs. Des orchidées par milliers, toutes identiques les unes aux autres comme des clones fragiles d’une téméraire mais éphémère beauté. Quelques endémiques sans imagination. Un pauvre serpent en voie de disparition.
C’est par où la disparition ?
Tu vois le trou, là ?
L’aven ?
Ouais, l’aven. Eh ben la disparition, c’est par là. Allez hop du balai… (on aurait pu dire aussi : “allez hop, au trou…” mais à vrai dire peu importe car le résultat aurait été le même.)
Et en coup de vent, un seul, si l’on n’y prend pas garde, la vipère d’Orsini disparaîtra. Elle aura fait son temps. Elle aura fait son trou. Et l’on n’entendra plus parler d’elle.
Avant notre venue, donc, il n’y avait rien. Qu’une étendue de pierres éparpillées entre des dolines nonchalantes. Puis nous sommes passés. Et nous aurons laissé, dans notre sillage, le début d’une autre ère. La première pierre qui se sera jamais dressée contre l’inhospitalité de ses soeurs maudites. Une pierre mariée avec le vent. Qui enfantera des miracles…
24 avril 2010 : Rando Joëlettes au barrage de Malpasset
Fallait-il que ce barrage fût à ce point si mal nommé qu’il n’ait finalement pas trouvé d’autre échappatoire que de se conformer à la destinée qu’on lui aura tracée en le baptisant d’un nom aussi funeste et disgrâcieux ? Le 2 décembre 1959, il céda sous le poids des eaux impérieuses qui ne cessaient depuis plusieurs jours de tomber d’un ciel plus furieux qu’à son habitude. C’est au pied de ce colosse aux pieds d’argile, vaincu par l’évidence, que nous nous sommes rendus, ce 24 avril 2010, déployant notre caravane sympathique sur les pistes de ce théâtre sinistre et égayant autant que nous l’aurons pu la campagne environnant de nos han !, de nos hue ! et de nos ouf ! partagés. Jean-Christophe et Dominique voulaient contempler de leurs propres yeux ce vestige éloquent, ce témoin incorruptible de la folie des hommes et de la supériorité de la Nature et du Temps. Un petit coup de roulette, et hop ! voilà qui est fait. Ils ont vu. Et nous avec eux…
17 janvier 2010 : Randonnée Raquettes vers le Sommet de Canaux
Un canal. Des canaux. Donc : qui dit “Sommet de Canaux”, dit “pentes creusées de rigoles (à tout le moins) ou de véritables “levadas” comme on en voit au cours des diaporamas d’Alti+, les soirs de Galette des Rois, en contemplant les photos d’un séjour à Madère”. Ainsi, nous nous imaginions déjà cheminant le long de quelque bégude aménagée depuis les sources miraculeuses qui jaillissent parfois de ces massifs calcaires caractéristiques des Préalpes de Grasse pour acheminer l’eau, mère de tous les bienfaits de la terre, vers les lieux où les hommes labourent et vivent, en se voyant récompensés d’être là et d’y demeurer par des prodigalités que leur besogne patiente et leur piété ardente auront couronnées de leurs fruits. Bref, on s’attendait à trouver de la flotte. Ben non. Là-haut, y’avait pas une goutte d’eau. Mais il y avait à nos pieds, à peine secouée de ressauts délicats, comme un tapis d’ouate fragile, une mer de nuages envoyée par les fées. Par l’effet de l’inversion thermique, plus exactement, qui caractérise ces journées sans équité où les promeneurs du dimanche et du bord de mer se morfondent dans le froid et la déréliction sous une couche de nuages implacablement gris tandis que quelques privilégiés, sous la houlette d’accompagnateurs au nez fin, jouissent d’un ciel spectaculaire, auréolés du bonheur d’être au dessus des eaux. De l’eau de la mer. Et de l’eau qui tombait comme une pénitence sur la tronche de ceux qui n’avaient pas voulu nous suivre…
3 janvier 2010 : Raquettes à Valberg
Comment elles étaient sombres, les intentions du ciel, en ces premiers jours de l’année, laquelle voit une seconde décennie commencer dans ce siècle inquiétant qui constitue l’aube du nouveau millénaire. Comme elles semblaient présager tous les malheurs qui attendent notre pauvre planète : réchauffement, raz-de-marée, sécheresses impitoyables, migrations incontrôlables, augmentation du prix de la randonnée chez Alti+ et quels autres malheurs encore. Que l’on se rassure cependant ! Si les premiers désastres cités ont certes quelque bonne chance de se réaliser dans le siècle à venir, ne vous avisez pas de gober les prévisions de malheur de ces Cassandre ou ces Madame Soleil de notre époque qui voudraient vous faire accroire qu’un quelconque des prix pratiqués par Alti+ pourrait être revu à la hausse avant que la décennie qui commence soit arrivée à son terme ! Hormis en ce qui concerne le prix de la cotisation, le prix de la randonnée et le prix de la location des raquettes, nous vous garantissons que nous ferons tout notre possible pour maintenir votre pouvoir d’achat intact jusqu’à la Saint Glinglin. Juré, craché ! Et s’il le faut, nous baisserons les émoluments de ces fainéants d’accompagnateurs…



































































































































