5 février 2012 : Saint Vallier de Thiey et le Mortier…

Pas plus tard que hier, nous avons ouvert, au coeur même du grand amphithéâtre de l’Authion, un débat fort intéressant dans le cadre de notre colloque « Les Mérites Comparés du Sport, de la Philosophie et De La Fâcheuse Tendance que l’on A de nos Jours à User des Majuscules en Toutes Circonstances et Sans Discernement ».

Poursuivons donc.

Nous en étions à l’eau, la matière, le vent et, accessoirement, aux théories fumeuses de certains accompagnateurs en montagne sur les relations complexes qu’entretiennent les trois éléments précédemment cités *.

A dire vrai, on pourra clamer ce que l’on voudra, un flocon c’est un flocon. Mais à y regarder de plus près, on sera bien obligé de convenir que c’est quand même drôlement joli un flocon. C’est drôlement joli, oui-da, mais il y a encore plus joli qu’un flocon.

Plus joli qu’un flocon ? Mais qu’est-ce qui peut bien être plus joli qu’un flocon, sacrebleu ?

La réponse va de soi et si vous fréquentiez plus souvent les cours de récréation vous n’auriez pas besoin de blasphémer ainsi et sauriez me répondre dans l’instant. Ce qui est plus joli qu’un flocon, c’est… deux flocons.

Deux flocons amoureusement enlacés, ayant chu, au gré d’un hasard capricieux, sur la bretelle du sac à dos d’un accompagnateur en montagne. Deux flocons amourachés et s’apprêtant à fondre, tout bouillants du désir qu’ils ont eu l’un de l’autre, tout soudain, lorsque, sur les chemins de la pesanteur forcément aiguillés, ils virent leurs trajectoires se croiser une fois, deux fois, trois fois avant de s’emmêler les branches en éclatant de rire tandis qu’ils n’en étaient, un instant auparavant, qu’à profiter des joies simples de l’existence : Naître dans un nuage, flotter dans l’éther mystérieux et choir irrémédiablement mais avec élégance…

* « Elément » est bien entendu donné ici dans le sens d’une « unité de discours considérée en tant que telle en une circonstance donnée » et non pas de « l’un des quatre principes associés à des signes astrologiques considérés par les savants anciens comme les constituants premiers fondamentaux de tous les corps ».