19 février 2012 : Randonnée Mimosa dans le massif de Tanneron…

En ces temps de disette intellectuelle où la diarrhée verbale semble amenée, davantage chaque jour, à remplacer la coutumière logorrhée des têtes (dé)pensantes qui président, ont présidé ou présideront aux destinées de notre pourtant beau pays, il convient de ne pas être en reste.

Attention cependant ! Il convient de bien choisir son camp. Et pour être à peu près sûr de garder demain les amis que nous avions hier et de se ménager les bonnes grâces des éventuels nouveaux amis qu’il sera bon d’avoir après-demain, le plus simple est de bêler au diapason avec le troupeau. Stigmatisons donc.

Mais derechef attention ! Si l’on est, en stigmatisant, à peu près assuré de ne pas introduire la discordance dans le concert ambiant, il est prudent de bien choisir sa cible.

Et la question se pose donc : qui pourrions-nous bien stigmatiser ?

Eureka ! Voilà la cible idéale, le bouc émissaire de tous nos problèmes actuels, passés et à venir : Le mimosa.

Saviez-vous que le mimosa est un malotru venu d’ailleurs qui envahit peu à peu nos cultures et qui, si on le laisse faire, saura bientôt envahir nos civilisations non sans avoir, en passant et jusque dans nos bras, égorgé nos fils et nos compagnes ?

Saviez-vous qu’il vient d’Australie, ce bougre de végétal, et que c’est la Perfide Albion, en personne, qui l’aura insidieusement semé dans nos jardins ensoleillés pendant que nous avions le dos tourné ? Messieurs les Anglais, plantez les premiers…

Saviez-vous que, non content de faucher l’herbe sous le pied des espèces méditerranéennes endémiques, il va se faire vendre ailleurs. Car ce grossier personnage n’a rien trouvé de mieux à faire qu’à s’en aller pratiquer la délocalisation aux Pays-bas avant de revenir se faire acheter sur les étals des fleuristes hexagonaux, des cernes sous les yeux et les narines encore pleines du Chrysal qui lui donne les apparences trompeuses d’une vigueur toute… chimique.

Saviez-vous que pour mieux se fondre dans le milieu et nous envahir sournoisement, il aura même usurpé l’identité d’un autre. Ca n’est pas notre genre ça. Eh bien lui si. Ou plutôt non. Car son genre à lui, c’est le genre Acacia. Et voilà qu’il aura réussi à se faire passer pour le genre Mimosa. Non mais vous vous rendez compte…

Et l’acacia alors ? Minute papillon ! On a déjà assez de mal comme ça à stigmatiser le mimosa sans qu’il faille par dessus le marché avoir à reprendre toute la généalogie des espèces venues d’ailleurs. Las ! Pour que les choses soient claires là où il risquerait de s’immiscer quelque fâcheuse confusion dans les esprits, il faut bien sacrifier à l’exercice. Alors voici : L’acacia est en fait un robinier. Du genre Robinia. Vous voyez l’genre ?

Et le mimosa ?

Le genre Mimosa ou le soi-disant mimosa ?

Oh ! Et puis crotte… C’est toujours pareil ces histoires. On stigmatise, on stigmatise et ça n’arrête pas de repousser ! Un bon coup de sécateur, tiens, voilà ce qu’il lui faut à cet esse-trangé !