25 mars 2012 – La Chartreuse de la Verne

Fermez les yeux et imaginez :

Vous êtes en randonnée avec Alti+, il fait beau et, pour parvenir sur le large chemin plat et ensoleillé où vous vous trouvez maintenant, vous avez bataillé ferme au milieu des broussailles et des arbres soumis qu’une probable tempête aura mis à bas cet hiver dans ce petit vallon envahi de végétation indisciplinée. Il fait une température idéale et le moins que l’on puisse dire c’est que la vie est belle. La vie est belle donc et voici qu’au détour d’un chemin, telle une apparition, vous découvrez à travers les branches de châtaigniers pluri-centenaires que les feuilles de la saison nouvelle n’ont pas encore conquises la Chartreuse de la Verne…

Comme chez Alti+ on ne fait pas grand chose à moitié, vous voici bientôt pénétrant avec curiosité ces lieux tout empreints d’une spiritualité millénaire. Ici, tout n’est que calme et volupté (de l’âme). Pour ce qui est du luxe, on est prié d’aller voir ailleurs. Car il y a encore une cinquantaine d’années à peine, ce monument historique n’était guère classé qu’au titre de « Vestige dans la forêt » selon la dénomination de l’époque. L’aurait-on qualifié de « ruine dans les bois » que l’on aurait sans conteste été plus proche de la vérité…

Un travail formidable de restauration lui a rendu la splendeur de ses jours les plus fastes. Après plus de trente années d’un ouvrage titanesque et néanmoins toujours respectueux des origines et de la destination initiale de cet édifice extraordinaire, la Chartreuse a retrouvé sa vocation première. A ceci près qu’elle est aujourd’hui occupée par des moniales en lieu et place des chartreux d’autrefois….

Visitant alors les lieux voici que tout émoustillé(e) par une singulière fascination qui grandit chaque instant davantage, vous êtes bientôt saisi(e) par l’appel de ce qui ressemble fort à une vocation subite et irrépressible. Une chaleur soudaine envahit votre corps et la légèreté devient votre unique condition. Votre âme, sous l’effet de quelque incongruité gravitationnelle, s’élève vers des hauteurs insoupçonnées et vous, qui avez toujours eu les pieds sur terre, vous voila bien embarrassé(e).

C’est alors que vient l’heure où il vous faut pénétrer dans la cellule témoin. Cette cellule impersonnelle, lieu de vie inconcevable à qui naît dans le siècle, où tout au long du Moyen-âge des hommes inspirés se sont dévoués à Dieu dans la solitude absolue et le dénuement extrême. Avec pour toute issue un petit carré de verdure et une grande croix dans le jardin du grand cloître.

Vous êtes là. Dieu au dessus de la tête. Et voilà que vous concevez l’improbable projet de rester là. De demeurer à jamais dans ces lieux. De vous extraire, enfin, des contingences terrestres. Du travail qui happe. Du travail qui sape. Du travail qui s’attrape. Du travail qui satrape. Rester là et prier. Prier Dieu pour votre salut. Chanter ses louanges. Prier Dieu pour qu’il vous accorde une vie digne d’être vécue. Chanter ses louanges. Prier Dieu pour que vous ayez autre chose que de la soupe à la châtaigne dans votre gamelle ce soir. Chanter ses louanges. Prier Dieu pour que plus personne ne soit confronté à la solitude et au dénuement. Chanter ses louanges. Prier Dieu pour que la règle de vie monastique soit un peu assouplie. Juste un chouïa. Chanter ses louanges. Prier Dieu pour qu’il vous sorte de là…

Et puis vous sortez de là. Et vous finissez la randonnée avec Alti+. Parce que chez Alti+, on n’a pas droit au moindre pourcentage de perte.

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