Samedi 4 mai 2019 – La Tête de Travers

Nous y sommes allés pour voir de plus près, de quoi il retourné. Et pour essayer de comprendre de quoi il s’agissait. Éventuellement, on aurait bien mesuré l’angle du déséquilibre. Et puis la contempler, faire des selfies, des aquarelles, avec nous au sommet de cette tour de Pise naturelle.

Mais voilà, ce n’est pas tout près ! Il faut même sortir de département, se rendre dans un village inconnu, prendre une route plus étroite tu meurs, et qui finis par n’être plus qu’une piste digne du salaire des pneus, des embrayages et des amortisseurs.

Bref on se gare au col du FAM. Pas ailleurs. Pas à un autre col, avec un autre nom. Et on part pour une balade sur de bons sentiers, et pour une fois, sans coup de peinture sur les jolis cailloux. Pas de panneaux indicateurs non plus. Mais le terrain s’y prête, et tant qu’il n’y à aucune raison de se perdre tout va bien.

On monte. On monte. Et on monte. Mais ça passe bien. La montagne est belle et les points de vue valent le coup. Finalement, on traverse l’Ecosse. Et puis quand le temps se gâte, c’est qu’on est arrivé en Island. Une bonne petite tempête nous attend au sommet : brouillard, vent, grésille, froid. Malgré des chemins différents, on se retrouve tous sur le plateau sommital. Avant de redescendre, on se compte plusieurs fois, pour être certains de ne laisser personne là-haut, tout seul dans la tourmente.

Pour une fois, pas de pique-nique au sommet, faut redescendre le ventre vide. Mais qu’est-ce que c’est bon de sentir que c’est la montagne qui décide. Il y a comme ça des décisions qui ne viennent des êtres vivants. On aurait tendance à l’oublier.

La descente est plus courte. Mais aussi plus raide et avec moins de sentier. Ça aussi c’est bon, quand ça devient un peu technique et que ça demande un effort. Mais même en faisant attention, en restant vigilant, on peut y avoir droit. Aller hop, à qui le tour ? Par ici, se sera une foulure à la cheville pour la dame. Et par là une fracture du pouce pour le monsieur.

Finalement, on arrive quand même tous en bas. Suffisamment en état pour reprendre les mêmes risques sur la route, et pour rejoindre le bistrot d’Entrevaux.

Merci à vous, et à bientôt, Jean.