Dimanche 13 janvier 2019 – La Traverse du Mont Chauve

Le Mont Chauve est, comme son nom l’indique, un chevelu repenti. Sur son crâne, désormais défriché, on voit grouiller toutes sortes de petites bêtes que la lumière n’effraie plus depuis bien longtemps. Ces petites bêtes sont ses commensales.

– Comment sales ? Nous ne sommes pas plus sales que vous d’abord ! Et nous n’aurions sans doute aucune peine à vous prouver que nous sommes même moins sales que vous…

Il faut dire que, non contentes d’être propres, ces petites bêtes sont aussi susceptibles… Mais où en étais-je ? Ah oui, je disais que toutes sortes de petites bêtes ont établi domicile sur les flancs de ce mont à la culminance imberbe. Pourquoi vous disais-je cela ?

Je ne sais plus… Ah si, je sais ! Je voulais aussi vous parler des grosses bêtes. Des grosses bêtes qui passent et ne font que passer. Des grosses bêtes qui montent, qui montent, qui montent et puis qui descendent. Des grosses bêtes qui s’en viennent manger de bons gâteaux faits maison sur le toit des pyramides étêtées, au milieu des broussailles ardentes et des crocus présomptueux. Des grosses bêtes qui ne sont pas si sales que ça puisque pour venir crapahuter sur ce crâne rebondi et singulièrement dégarni, elles prennent un moyen de transport public, la clef des champs et les chemins de traverse ce qui, au bout de compte, confère au bilan carbone de cette joyeuse escapade une nullité proprement (c’est le cas de le dire) exceptionnelle.

Eh ben vous savez quoi ? Moi que je dis que les petites et les grosses bêtes qui déambulent sur le Mont Chauve avec un sourire à faire pâlir de jalousie toutes les Joconde du monde ne sont pas si bêtes que ça…

Dimanche 6 janvier 2019 – Le col et la Tête Mercière

Pour cette première sortie raquettes de l’année 2019, il était impératif que nous fissions preuve d’imagination et que nous fussions enfin les héros que nous nous étions toujours promis d’être sans avoir jamais été fichus de les être jamais.

Pour cela, il ne fallait pas moins que : une troupe de gaillards prêts à tout, un sommet jamais conquis, deux guides hors du commun, un certain nombre de gâteaux faits maison et un atome de folie douce.

La recette de la Tête Mercière est un peu différente de la tête de veau. Notez qu’il convient tout de même de prendre le taureau par les cornes mais, hormis ce détail, tout diffère.

Et qui dit fer, dit bras. Car conquérir un sommet pareil (et la vérité c’est qu’un sommet pareil à celui-là, il n’y en existe tout bonnement pas), c’est entamer une partie de bras de fer avec les éléments.

Au nombre des éléments nécessaires à la réussite de cet excellent gâteau, il y a donc l’atome (de folie douce, vous me suivez ?). Saisissons l’atome en question et prenons les deux imparfaits du subjonctifs habilement introduits dans ce compte-rendu à la portée littéraire aussi nombreuse qu’une portée de lièvre variable (c’est-à-dire en forme de Y) : « fissions » et « fussions ».

Procédons d’abord à la fission de l’atome. En principe ça fait « boum ! ». Poursuivons ensuite par la fussion. Enfin je veux dire par la fusion (et l’on voit tout de suite la limite de l’exercice : l’imparfait du subjonctif est, comme son nom l’indique, objectivement imparfait…). En principe (et si ça a bien fait « boum ! » lors de la fission) ça devrait faire « pschitt ! ».

Alors là, ô miracle sans nom, nous nous apercevons que nous avons derrière nous 20 randonneurs juchés sur des raquettes de toutes les couleurs et souriants comme des adhérents d’Alti+ à jour de leur cotisation 2019…

C’est beau la mécanique, non ?


Samedi 15 décembre 2018 – Italie – Le Monte Grammondo (par la face nord)

Chez Altiplus, nous n’avons peur de rien. En ce samedi 15 décembre 2018, nous avions décidé d’entreprendre la périlleuse ascension de la face nord du Monte Grammondo et vous savez quoi ? Eh ben nous l’avons fait…

Nous avions un peu plus tôt franchi clandestinement la frontière qui sépare le royaume de Macronn’passepas de celui de Salviniunenideuxallezhopàlamer pour gagner le village qui avait été choisi pour constituer le camp de base de cette expédition insensée et pas franchement réfléchie sur l’une des faces nord les plus au sud de cette partie des Alpes.

Lorsque nous sortîmes des véhicules et nous apprêtâmes à entreprendre l’ascension, nous nous rendîmes compte que les conditions de température étaient extrêmes. Il ne faisait guère plus de deux ou trois degrés Celsius. Or, à une telle température, l’estomac de notre guide a besoin d’une double ration de gâteaux faits maison et il n’était pas certain que les participants à cette expédition eussent prévu un tel approvisionnement.

La situation était donc potentiellement dramatique. Qu’allait-il se passer ? L’expédition allait-elle se retrouver là-haut avec un guide en état de mort cérébrale (parce que lorsqu’il n’est pas nourri correctement le guide d’Altiplus sombre dans le coma et ne se réveille qu’en humant l’odeur d’un délicieux gâteau fait maison en l’absence duquel son cerveau finit rapidement par refuser de fonctionner plus longtemps) ?

Eh bien, en participant aux prochaines aventures d’Altiplus dans les montagnes des Alpes-maritimes (et sans oublier de préparer un bon gâteau fait maison), vous apprendrez tous les détails de cette extraordinaire expédition : comment nous traversâmes un torrent gelé, comment le véhicule de ravitaillement bascula dans le vide avant d’aller s’encastrer dans un arbre, dans quel état d’hypothermie nous arrivâmes au sommet, combien de gâteaux faits maison apparurent miraculeusement au moment du pique-nique, comment nous re-re-franchîmes clandestinement la frontière, comment l’un d’entre nous s’enticha d’un arbre et comment nous le persuadâmes de redescendre vers la civilisation malgré son désir d’épouser ledit arbre…