Samedi 14 octobre – Le tour du Pélago

Savez-vous ce qu’est le Pélago ? Le Pélago est un caillou. Un gros caillou au demeurant mais un caillou. Eh bien, chez Altiplus, le samedi lorsque l’on s’ennuie ferme, on s’en va faire le tour de genre de caillou-là. Pour passer le temps.

Ainsi donc, ce samedi 14 octobre, nous nous étions donné rendez-vous sur un joli parking de la verdoyante et néanmoins calcinée basse vallée du Var pour constituer une équipe de randonneurs et pour, non pas participer au tournoi de boules de Castagniers sur la place de l’école dudit bourg, mais bie  nous en aller faire le tour d’un gros caillou dans un minibus, l’arrière-pays et la bonne humeur.

Parvenus au pied de ce gros caillou sans qu’aucun passager ait manifesté la moindre velléité de rendre à la nature ce que la nature, prodigue quoique en voie d’épuisement, a bien voulu fournir à l’industrie agro-alimentaire pour assurer notre subsistance (et celle de son actionnariat) dans un premier temps et notre cancer de l’intestin (mais pas celui de son actionnariat qui se garde bien de manger ce qu’il contribue à produire) dans un second, sans qu’aucun passager n’ait eu de haut le coeur, disais-je, ce qui n’est pas la plus insignifiante des gageures, parvenus au pied de ce gros caillou donc, nous entreprîmes bientôt d’en faire le tour. Comme ça, pour passer le temps.

Sous la conduite du plus extraordinaire et du plus beau des accompagnateurs d’Alti+ et du reste du monde, nous gravîmes nos 1000 mètres comme s’ils n’avaient été que 500. C’est que, il faut en convenir, nous avions fort mal réglé nos podomètres, nos altimètres, nos quartiers-maîtres et nos bien-être en bois de hêtre ou ne pas hêtre. Les eussions-nous bien réglés que cela n’aurait, de toute façon, pas changé grand chose au problème. On a beau tenir un crâne à bout de bras et lui poser des questions existentielles en se disant que Shakespeare aurait mieux fait de devenir accompagnateur en montagne plutôt qu’écrivain de génie, on n’en est pas moins le prince du Danemark et avec un tel poids sur les épaules, que n’allège pas un sac à dos chargé d’une pharmacie de groupe, une corde de secours, une radio vhf de même obédience que la corde et le manuel du parfait accompagnateur en 3 tomes de brebis, il faut assumer son rang.

Où en étais-je ? Je ne sais plus. Enfin, peu importe. C’était une super journée et ça personne ne nous l’enlèvera…

 

 

13 février 2016 : Vallons de la Minière et de Valaurette

Pour notre première rando raquettes de l’année, nous avions décidé ce samedi 13 février d’aller batifoler dans la neige. D’aucuns soutiendront que si nous avions choisi d’aller batifoler dans l’herbe, l’appellation « rando raquettes » eût alors été parfaitement abusive, voire trompeuse, et que dans la mesure où chez Alti+ ça n’est pas le genre de la maison d’abuser le bon peuple ou de tromper son monde, eh bien…

Je ne sais plus trop où je voulais en venir mais ça n’est pas très grave parce ce qui compte c’est que ce samedi et pour la première fois cette saison – nonobstant le fait indiscutable que y’a p’us d’saison ma bonne dame ! – nous avons chaussé les raquettes et foulé la neige.

Alors, me direz-vous, comment était-ce ?

Eh bien, vous répondrai-je, c’était blanc.

Merci à Nathalie et Emmanuelle pour les photos.

13 décembre 2015 : De Rochetta Nervina à Dolceacqua

Dans le cadre des nombreuses campagnes pour un monde meilleur que le club ALTI+ mène depuis quelques années déjà et avec le succès que l’on sait, vos accompagnateurs adorés avaient organisé ce dimanche 13 décembre 2015 une cession de mise en condition psychologique pour permettre à tous ceux qui l’ont gardée en travers de la gorge de faire passer, en commençant par se la dorer, l’amère pilule électorale et cela sans qu’il leur en coûte, à l’heure de glisser leur bulletin dans l’urne, autant de sensations désagréables et inadéquatement situées que ce à quoi ils s’étaient pourtant déjà résignés.

Voici en résumé la méthode que nous vous conseillons de suivre à la lettre pour bien vous préparer à voter la prochaine fois qu’il vous prendra l’idée de le faire :

  1. Le jour du vote, allez faire un petit tour ailleurs. Pour les électeurs de la région PACA, l’Italie est un ailleurs plus recommandable que la Principauté de Monaco pour cette raison que la Principauté de Monaco est une principauté et que c’est dans les principautés qu’a le plus légitiment cours ce que l’on a coutume de nommer – non sans être saisi d’un irrépressible soubresaut d’horreur, lequel a la fâcheuse tendance à vous parcourir l’échine de bas en haut (ou de haut en bas pour les habitants de l’hémisphère sud) – le monstrueux et hideux « fait du Prince ».
  2. Une fois sur place, entrez dans un café. Pour les électeurs blancs, prenez un petit café noir. Pour les électeurs noirs, prenez un café au lait. Pour les électeurs café au lait, prenez un chocolat chaud. Il est toujours utile de prendre la mesure de son altérité.
  3. Partez ensuite sur les chemins. De préférence, évitez les sentiers battus. Et les battues au sanglier. Car tantôt le bât blesse, tantôt le bât tue. Préférez les chemins buissonniers. Attention : en Italie (comme ailleurs d’ailleurs) tous les chemins mènent à Rome et passer par Rome risquerait de vous empêcher de rentrer chez vous avant la fermeture des bureaux de vote.
  4. Montez jusqu’au sommet. Suez d’ahan puisqu’il le faut mais montez sans rechigner. Depuis le sommet, contemplez le vaste monde. Rendez-vous compte alors que l’apparition de la notion de propriété a irrémédiablement tout gâté. Et promettez-vous d’apprendre à tailler un biface dans un galet de silex. Au cas où…
  5. Pique-niquez sous le soleil. Ce point est très important. Car le soleil est à tout le monde.
  6. Redescendez en zig-zag, tantôt à gauche, tantôt à droite, et profitez-en pour faire le point sur la nature exacte de vos idéaux politiques. Pour les électeurs de la région PACA, commencez par adopter la position du dahut et descendez de guingois, tantôt à droite, tantôt encore plus à droite. Dans ce cas, faites attention au mur…
  7. Rentrez ensuite chez vous. Respirez une bonne bouffée de gaz d’échappement et rendez-vous immédiatement au bureau de vote.  Evitez d’en respirer davantage : le suicide est interdit en France et contrevenir aux lois de la République n’est pas la meilleure façon de se mettre en condition pour accomplir son devoir de citoyen.
  8. N’oubliez pas d’aller faire pipi avant de partir. Dans le secret de l’urinoir, il est toujours temps de changer d’avis…

 

1er avril 2012 : Les chapelles de Thiéry…

Lorsque nous partîmes, ce matin-là, du charmant petit village de Thiéry dans l’arrière-pays des Alpes-Maritimes, nous étions à mille lieues d’imaginer le tour qu’allaient prendre les évènements au cours de ce qui sera sans doute, pour jamais, la plus longue et la plus éprouvante journée de notre existence.

Il faisait un soleil ardent, dès les secondes heures du jour, et il nous fallut bientôt quitter les épaisseurs nombreuses que de fort risques d’orage nous avaient convaincus d’emporter dans la fraîcheur du premier matin. Nous progressions, ainsi, sur les chemins buissonniers avec les premiers effluves enivrants de l’été nous montant aux narines et ne prîmes pas garde de jeter derrière nous un regard de prudence. Car nous avions la mort en serre-file…

Un brouillard singulier tout d’un coup tomba.

Le bruit qu’il fit, en tombant, aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Mais non. En guise de puce, en vérité, les seules que nous vîmes étaient les hôtes bienheureuses d’un yack égaré sur ces pentes chagrines de n’être pas plus hautes et plus froides.

Bientôt nous nous trouvâmes quinauds devant un panneau dans lequel nous aurions bien pu tomber car la situation était rien moins que renversante… Mais nous sommes perspicaces !

Nous décidâmes alors  de suivre la direction « Katmandou ». Et c’est ce que nous fîmes.

Le terrain, ensuite, commença de ressembler à des paysages himalayens. La végétation devint rase et le mal de l’altitude s’en vint petit à petit nous souffler dans les bronches son vent mauvais…

Au loin, haut et loin, les neiges éternelles semblaient s’éterniser. A y regarder de plus près,   quelques heures plus tard, nous allions bientôt constater qu’elles s’éternisaient effectivement. Mais au lieu de regarder au loin, et haut, nous aurions eu mieux fait de regarder où nous mettions les pieds.

Car c’est alors que la mort survint !

Elle avait une queue venimeuse en guise de slogan électoral et des pinces (de 17 ou de 19 ?) en guise de paluches. Et, s’insinuant dans les bottes de l’une d’entre nous, elle piqua…

Aïe ! fit celle d’entre nous qui se sentait la plus concernée. Et elle s’affala. On ne devrait jamais emmener des filles dans ces expéditions lointaines.

Il fallut prendre une décision. Et comme chez Alti+, on ne fait rien à moitié, nous en prîmes deux.

1) Deux d’entre nous iraient chercher les secours.

2) L’on mangerait un bout avant de partir parce que ce n’est jamais bon de partir le ventre vide. On risque l’hypoglycémie à chaque instant. Et l’hypoglycémie, c’est pas drôle…

On attrapa alors une femelle de Lémur Catta et son bébé qui passaient par là. On les dépluma, on les mit sur une broche et l’on se rendit compte que l’on avait oublié les allumettes. Merde alors ! Parce que le Lémur Catta cru… Beurk !

Mais faut c’qu’y faut ! Et après cette petite collation, l’équipe de secours partit.

Après avoir gagné les contreforts de l’Evesrest, elle suivit le chemin des Argonautes et parvint bientôt à une signalisation qui ne laissait aucun doute sur le fait qu’elle était sur la bonne voie.

Heureusement qu’ils étaient bien couverts ces deux-là parce que dans les couloirs, quand on laisse les portes et les fenêtres ouvertes, y’a toujours des courants d’air !

Hélas, un faux pas fut fait et c’en fut fait d’eux. Feu eux…

Alors nous envoyâmes Jean.

Car y’a pas plus héros que Jean.

Et la fin fut à la hauteur des montagnes qu’il gravit pour sauver tout ce beau monde :

POISSON D’AVRIL !

On vous ferait vraiment croire n’importe quoi…