Samedi 14 juillet 2018 – Mont Sainte Marie

En cette veille de possible sacre mondial de son équipe de riches favorite, Altiplus avait pris la courageuse décision d’apporter une contribution décisive en programmant une randonnée propitiatoire destinée à ménager à ladite équipe l’assurance d’une victoire nette, sans bavure et avec trophée en or massif à la clé (laquelle n’était autre que la clé Deschamps, ce qui n’aura échappé à personne).

Courageuse décision en effet car en faisant cela Altiplus a pris le risque de se couper de sa base, de son public, de son cœur de cible, de sa patientèle en un mot tant il est bien connu que le randonneur est l’ennemi naturel le plus indécrottable du footballeur. En témoigne par exemple la persévérance avec laquelle le randonneur s’obstine à ne pas arborer de tatouage tribal ou bien à conserver sa pilosité corporelle naturelle (à l’exception notable du crâne de certains accompagnateurs mais, en vérité, ces accompagnateurs-là méritent-ils seulement le nom de randonneur ?).

Qu’à cela ne tienne ! Une fois n’est pas coutume, Altiplus avait pour l’occasion décidé de se mettre En marche et d’aider les riches à devenir plus riches encore. Car il ne faut pas s’y tromper : le salut de tout un pays était en jeu et Altiplus ne pouvait pas ne pas apporter sa pierre à l’édification d’une nouvelle unité start-up-nationale.

C’est pourquoi nous sommes revenus sur les lieux de la première victoire de la France dans un mondial de football. A cette époque, c’est-à-dire vers 5436 avant M’bappé, le football ne s’appelait pas encore football car la langue anglaise n’avait pas encore été inventée. Ainsi, en ce temps-là, les hooligans s’appelaient hompolitics, les goals s’appelaient onnpasspa, les corners s’appelaient aupiquet! et les penalties s’appelaient mêmpapeur. Quant aux joueurs, ils étaient sympas comme tout et s’appelaient tous parleurp’titnom.

Eh bien figurez-vous que c’est dans le stade de Fontanalba, au pied du mont Sainte Marie sur les flancs duquel nous avons déambulé ce samedi en faisant toujours attention à ne pas abîmer la pelouse, que la première victoire de l’équipe de France eut lieu dans l’histoire. Avant l’histoire pour être plus précis. Car chacun sait que l’histoire ne se souvient que des vainqueurs. Or, vous serez bien obligés d’en convenir, personne et vous pas plus que quiconque ne se souvient de cette victoire pourtant mémorable. CQFD.

Heureusement, Altiplus est là ! Et l’invocation des divinités cornues qui donnèrent du leur en ce temps-là pour que la France pût à bon droit s’enorgueillir de cette glorieuse épopée a eu l’effet escompté. En retrouvant la trace du premier pied jamais posé sur un terrain de football (à l’époque, les terrains étaient tracés sur des pélites permiennes à dominante rouge et la notion de planéité était toute relative), nous avons réanimé la fougue et l’allant victorieux de nos illustres ancêtres. Et c’est nantis de cette fougue comme de ces talents que les bleus de 2018 ont laminé les Croates dimanche soir. Car il n’est pas interdit de le dire : la devise de la République avait besoin de subir un bon coup de Grizou. Et Altiplus propose cet hymne à la joie : et un, et un, et deux, et trois, et quatre, et oups !  C’est pas l’pied ça ?

Dimanche 1er juillet 2018 – Cime de Pelousette

Si vous n’avez pas les moyens de vous payer une pelouse – et Dieu sait combien cela coûte cher d’entretenir une pelouse – et que la perspective de devoir tondre ladite pelouse un certain nombre de fois par mois – ce qui multiplié par le nombre de mois que compte l’année et le nombre d’années qu’il vous reste à vivre donne un résultat parfaitement édifiant – vous inspire de longs soupirs de désappointement, alors ALTI+ est fait pour vous.

Si vous avez les moyens de vous payer une pelouse – c’est pas pour ce que ça coûte – et que le plaisir singulier de mettre votre goût pour les belles choses au service du plaisir des yeux de vos voisins en la tondant de temps en temps pour qu’elle soit toujours impeccablement verte et lisse – si ça n’est pas de la philanthropie ça ! – alors ALTI+ est fait pour vous.

Car ALTI+ ne fait pas dans la demi-mesure. Enfin si, pour l’occasion car une pelousette, c’est une petite pelouse. Une petite pelouse de rien du tout. Mais qui pousse gratuitement pour le bonheur de tous (et donc de vos voisins aussi) sur les hectares innombrables et non moins nombreux que le vent des cimes côtoie chaque jour avec une petite idée derrière la tête, que les moutons en villégiature tondent avec une conscience professionnelle qui frise la nouvelle-zélandéité et que les randonneurs foulent sans trop se fouler (et c’est bien ainsi sinon il faudrait appeler l’hélico toutes les cinq minutes).

Pour le prix d’un aiguisage de lame de tondeuse, donc, ALTI+ vous autorise à vous mettre dans la peau de ces moutons, enfin je veux dire de ces randonneurs à l’âme aventurière et au courage pas piqué des vert.e.s. Car enfin, si la pelouse n’était pas verte, le mondial ne serait pas le mondial. Et si le mondial n’était pas le mondial, nous ne serions pas en quart de finale. Et si nous n’étions pas en quart de finale, la pelouse serait plus verte chez le voisin. CQFD.

Dimanche 17 juin 2018 – Puy de Rent

Le Puy de Rent, c’est bien connu, est un lieu tout nimbé de mystère. On dit que les nuits de sabbat y sont plus fréquentes que les jours d’orage et les jours de grand vent additionnés auxquels on aura soustrait les jours où TF1 a dit qu’il allait faire mauvais alors qu’en vérité il aura fait très beau, ce qui n’est pas peu.

Tout nimbé de mystère, disais-je. Il n’est qu’à regarder les changeantes couleurs du ciel, les prairies parsemées de fleurs si étranges que le meilleur des accompagnateurs du monde n’est pas seulement fichu de se souvenir de leur nom et ces énigmatiques cailloux blancs disséminés en cercles dans l’herbe verte comme des pointillés inquiétants tracés sur le parchemin de la vie semblant présager d’un avenir funeste pour notre belle planète et nos non moins belles cacahuètes.

Mais quoi ? Aurions-nous eu la berlue ? De cailloux point. Il s’agissait de champignons… De jolis rosés des prés, ces cousins épris de liberté des champignons de Paris (parce que je ne veux pas dire mais Paris et la liberté ça fait deux)…

Pourquoi poussent-ils donc en rond ? Pour danser la Carmagnole, vive le son, vive le son, danser la Carmagnole vive le son du canon ? Eh ben non. Ces insolites formations circulaires ne sont rien de plus que la preuve incontestable du bénéfice tiré par les champignons subséquemment à l’atterrissage des soucoupes volantes. En effet, tous les ufologues vous le diront, il reste toujours, accroché aux flancs desdites soucoupes et qui est le résultat de voyages cosmiques réguliers et de moins en moins chers pour l’extraterrestre moyen, un peu de poussière d’étoile. Or, c’est bien connu, la poussière d’étoile est l’engrais naturel le plus efficace pour raconter n’importe quoi sur un blog suivi par la quasi totalité des habitants de la terre et par les adhérents d’un (formidable) club rando azuréen suffisamment crédules pour avaler n’importe quoi.

Notez qu’un petit rosé des prés avec une goutte d’huile d’olive et une petite tartine de tapenade, c’est tout sauf n’importe quoi…

 

Dimanche 10 juin 2018 – Cime de Marta

Mettons les choses au point. Ce dimanche, au cours de notre magnifique excursion pédestre (mais pas que) sur la Cime de Marta, l’accompagnateur responsable du groupe, de la randonnée, de l’heure d’arrivée au café après la randonnée et du bonheur de l’humanité toute entière (à l’exception de la Corée du Nord depuis que l’Oncle Sam a décidé de faire le job désormais) entendit un des participants – lequel énumérait depuis un bon quart d’heure déjà les nombreuses qualités qui constituent autant de raisons de s’accorder sur l’indéniable fait qu’Altiplus est décidément le meilleur des clubs de randonnée sur le marché – prononcer ces paroles consternantes : « et aussi l’humour… »

Là, disons-le tout net, le sang de l’accompagnateur n’a fait qu’un tour ! Car, nous vous en faisons le serment ici, jamais l’humour ne passera par nous et, pour paraphraser le plus 2.0 (deux point zéro) des présidents de la cinquième République, s’il y a bien une chose à quoi nous ne céderons rien, c’est bien l’ironie.

Eh quoi ! S’aviserait-on, dans notre dos, de faire de l’humour à la petite semaine sans que les têtes pensantes de l’association en aient jamais été avisées ? Cela ne se peut. L’honneur du club est en jeu et une association loi 1901 digne de ce nom, soucieuse d’assumer son rôle de leader incontesté sur le marché des clubs de rando de la start-up nation qu’est la France, ne saurait s’encombrer des scories délétères des temps anciens, c’est-à-dire d’avant la restauration de la monarchie et l’instauration de la novlanguedebois comme langue officielle du royaume.

Agissons sans tarder donc. Le-la coupable, si coupable il y a, doit être identifié-e et châtié-e ainsi qu’il-elle le mérite. En place publique, c’est-à-dire en direct sur facebook, nous le clouerons au pilori et le gaverons de pissaladières, tourtes, gâteaux, tablettes de chocolat noir à la fleur de sel, thé délicieusement parfumé et préparé avec amour et autres supplices gastronomiques. Cela lui fera les pieds, ce qui, vous-vous en conviendrez, est le comble pour un-e accompagnateur-trice…

Quant aux pierres qui volent, ne croyez surtout pas ceux qui vous racontent ce genre d’histoires à dormir En Marche, ça n’existe pas…