Altiplus se déconfine (mais ça va pas être simple !)…Nouveau règlement intérieur provisoire

Chers randonneurs et amis,

Malgré les difficultés auxquelles nous allons devoir faire face dans les temps à venir, nous avons décidé de reprendre le plus rapidement possible nos activités et ce dès le week-end prochain (si les conditions le permettent). Mais cette reprise ne peut évidemment pas se faire sans de nombreuses adaptations destinées à vous permettre de retrouver les chemins de randonnées dans les conditions de sécurité sanitaires les plus rigoureuses. Nous sommes donc dans l’obligation de modifier temporairement notre règlement intérieur afin de prendre en compte toutes les contraintes qui nous sont imposées par les circonstances actuelles.

Nous allons détailler ci-dessous les différentes mesures que nous allons prendre pour nous permettre de reprendre nos activités le plus rapidement possible mais nous tenons avant toute chose à attirer votre attention sur le fait que les conditions d’exercice qui nous sont imposées (limitation de l’effectif maximal à 10 personnes, accompagnateur compris) ne permettent pas durablement de maintenir un niveau de revenus suffisant pour les professionnels de la montagne que nous sommes. Nous avons cependant décidé de ne pas augmenter nos tarifs pour le moment en espérant que la situation sanitaire s’améliorera prochainement pour autoriser un retour à la normale aussi rapide que possible…

Programme : Pour éviter de mettre l’avenir du club en péril et tant que les restrictions d’ordre sanitaire seront d’usage, nous avons décidé de fonctionner sur un programme réduit qui comportera 2 randonnées Faciles, 2 randonnées Moyennes et 2 randonnées sportives par mois. Compte-tenu des incertitudes sur l’évolution de la situation, la destination, la dénivelée et le temps de marche des randonnées ne seront confirmés que d’une semaine sur l’autre.

La programmation du prochain mois sera bientôt téléchargeable dans la rubrique habituelle.

Conditions de pratique :

– Le nombre de participants est limité à 9 personnes.

– La distanciation physique est la règle. Le port du masque n’est pas obligatoire pendant la marche mais il conviendra de respecter une distance de 2 mètres entre les participants au cours de la randonnée et pendant le pique-nique. Les regroupements en fin de de randonnée seront proscrits et la procédure de paiement sera adaptée pour limiter au maximum les risques de contagion (paiement en ligne et carte d’abonnement notamment).

– Chaque participant devra se munir d’un masque et si possible d’un flacon de gel hydroalcoolique ou d’un savon.

Covoiturage :

Nous avons reçu   les guides pratiques post confinement lier à la reprise des activités physiques et sportives, document publié par le ministère des sports  et après lecture des recommandations, Il est indiqué que le covoiturage est à éviter, ce qui signifie clairement que  nous n’organisons pas de covoiturage et que un  point de rendez-vous, vous sera  indiqué pour retrouver votre accompagnateur  au départ de la randonnée.

Vous pouvez le consulter le Guide d’accompagnement de reprise des activités sportives en appuyant ici

Modalités d’inscription :

– L’inscription se fait en ligne comme d’habitude mais le formulaire sera modifié en conséquence. Les premiers inscrits seront les premiers acceptés. Attention toutefois, les personnes ne disposant pas d’une carte d’abonnement (avec un crédit suffisant) ou n’ayant pas déposé de chèque de caution auprès du club, devront simultanément payer en ligne pour que leur inscription soit validée.

Désistements :

Compte-tenu de l’incapacité dans laquelle nous allons être de dégager suffisamment de rentrées financières pour assurer la rémunération des accompagnateurs, le club va devoir compenser la différence avec une partie du budget destiné à rémunérer la gestion de son activité. Les désistements ne seront donc plus possibles après 18h00 l’avant-veille de la randonnée. Tout désistement survenant après cette limite, donnera lieu à la perception d’une compensation financière équivalente au montant du paiement en ligne effectué, du crédit correspondant au montant de la participation sur la carte d’abonnement ou au chèque de caution selon les cas.

Paiement :

Pour éviter le plus possible le risque de contagion, nous allons mettre en place plusieurs mesures :

– Utilisation des cartes d’abonnement sans échange. C’est le possesseur de la carte qui inscrira lui-même les mentions nécessaires sur la carte (Date / Crédit antérieur / Tarif applicable / Crédit restant).

– Mise en place d’un module de paiement en ligne pour la participation à la randonnée.

– Procédure de paiement physique sécurisée avec règlement mis sous enveloppe non cachetée et déposée par le participant dans une chemise ad-hoc que lui présentera l’accompagnateur sans que cela ne nécessite de contact entre l’un et l’autre.

Humour :

Les temps étant ce qu’ils sont (c’est-à-dire durs), l’humour sera proscrit au cours de nos randonnées afin de ne pas provoquer des éclats de rire qui seraient susceptibles de projeter des postillons séditieux à plus de deux mètres de distance. On ne va tout de même pas s’éloigner de 5 mètres les uns des autres juste parce que des petits rigolos en mal d’auditoire ne sont pas capables de se rédimer le temps d’une petite crise sanitaire de rien du tout…

Gâteaux faits maison :

La production et la distribution de gâteaux faits maison pendant la randonnée est suspendue jusqu’à nouvel ordre. Toutefois, des offrandes pour soutenir les accompagnateurs en montagne sont possibles sous le manteau et sous condition. Les gâteaux autorisés devront ainsi avoir été préparés avec tout l’arsenal covidixneuficide : un masque, des gants, des ingrédients bio, de délicates attentions et une bonne dose de compassion pour le sort de ces malheureux accompagnateurs en montagne frappés de plein fouet (à pâtisserie) par cette crise inique appelée à produire des effets délétères à la pelle (à gâteaux) dans les temps à venir…

Explorons la montagne… à la maison !

Dimanche passé nous avons inauguré une randonnée d’un type nouveau, la randonnée virtuelle. Celle-ci nous a amené à analyser un paysage typique des Haute Pyrénées: une vue sur la vallée de la Gave de Pau depuis le village d’Arras-en-Lavendan dans le Val d’Azun.

Nous avons commencé notre périple par un voyage dans un passé très lointain. Même si la surrection des Pyrénées est assez récente et contemporaine à celle des Alpes (environ 40 millions d’années), les roches qui composent notre paysage sont de vieux grès et pélites bien plus anciennes qui datent du Dévonien d’il y a près de 400 millions d’années qui façonnent encore aujourd’hui ces belles pentes débonnaires du massif de la petite station de ski d’Hautacam.

En réalité tout ne s’est pas arrêté il y a des millions d’années. Non! Devant nous il y a aussi une bataille terrible qui c’est déroulée hier, il y a moins de 70.000 ans. Cette bataille a laissé des traces remarquables, à savoir les deux magnifiques vallées en U devant nous. Vallée en U? Oui donc vallée glaciaires. Et pas n’importe quels glaciers; les glaciers du Balaïtous et de la Gave de Pau qui ont participé à façonner Gavarnie et ses environs! Rien de moins. Le Balaïtous ne vous dit peut être rien, mais il est important ici! C’est un sommet majestueux avec ses granites et surtout c’est le premier 3000m des Pyrénées en venant de l’océan. Tout un programme. Son glacier au lieu de la photo faisait 400m d’épaisseur! Il était tellement gros et lourd qu’il a aménagé la petite vallée pour en faire la majestueuse qui se trouve devant nous. Pendant ce temps le glacier de la Gave de Pau, qui s’écoulait de la droite vers la gauche sur la photo faisait lui 800m d’épaisseur, Imaginez la vue à cette époque…

400m? 800m? N’aurais-je pas un goût prononcé pour l’exagération? Figurez-vous que non! Un glacier, c’est de l’eau et donc c’est très fort! Ca coule et ça érode et casse tout et ça se débarrasse de ses déchets en cours de route pour former les fameuse moraines. C’est grâce à cela que nous savons que ces glaciers étaient si grands, sur 400m à 800m de dénivelé (soit de 400m à 1200m d’altitude) on trouve en effet des déchets: des rochers de granite arrondis qui viennent du Balaïtous situé bien loin derrière nous! Il y a tellement de ces déchets que les locaux les utilisent pour faire des murs le long de toutes les routes!

Mais ce glacier à fait bien plus que nous laisser des grosses pierres rondes! Il a aussi creusé le sol et laisse place à une belle colline. Cette colline est ce qu’on appelle un verrou glaciaire qui est constitué de roches plus dures que ce qui l’entourait. Le glacier à donc creusé un petit lit autour et aujourd’hui nous avons une colline. Cette colline est placée idéalement à la confluence des deux vallées. Ces vallées étant larges et bien sculptées, rapidement les Hommes les ont empruntées pour aller d’est en ouest et du nord au sud. Belle endroit pour y construire un chateau et s’assurer fortune et pouvoir! Le chateau d’Arcizan-Avant, dit le Château du Prince Noir, même si ce brave guerrier de la Guerre de Cent ans n’y est jamais allé, est construit autour d’un donjon féodal du XIVe siècle, lui-même bâtit sur les terres d’un petit seigneur du XIe siècle. Et oui ces glaciers ont offert le pouvoir et la victoire il y a déjà bien des siècles.

Mais attention, le travail de ces géants est toujours utile aujourd’hui. Face à nous, toutes ces belles bâtisses modernes du village trônent fièrement parce que les belles et larges vallées façonnées il y a 70.000 ans rendent facile la circulation vers les grandes villes de Lourdes et Tarbes où leurs habitants peuvent travailler et avec qui ils peuvent faire du commerce. Comme quoi un simple petit bout de glace peut faire bien des choses!

Et si nous regardions derrière nous pour voir l’étendue de la sculpture? Quand je vous dit que ce glaçon était gros, je ne vous ment pas! Et ces vallées ne nous ont pas encore tout dit, bien au contraire. Au fond à droite se trouve le col de Soulor, grand habitué du Tour de France.

Et sur la gauche le petit village de Sireix, perché sur sa colline garde jalousement l’entrée d’un secret bien gardé: le lac d’Estaing, invitant à la détente.

Mais ne nous égarons pas et revenons à notre vue initiale. Et oui, comme souvent en montagne il y a des lignes à haute tension pour acheminer l’électricité produite par les centrales hydro-électriques vers les villes.

Mais en fait, comment se fait-il qu’on voit des lacs et des barrages partout lors de nos randonnées, mais jamais de centrales? Cela vient du fait que lorsque l’eau de nos montagnes a été domptée au début du siècle passé, nos ancêtres ont creusé d’innombrables galleries pour faire descendre l’eau dans les fonds de vallées. Comme ça, il était possible de construire de grandes centrales hydroélectriques profitant d’un débit d’eau très élevé. Figurez-vous que la centrale hydroélectrique de Pragnères qui alimente cette ligne à haute tension est alimenté par 4 barrages, 40km de galleries et 30 prises d’eau. Tout cela construit il y a 80 ans. Un des barrages, le barrage d’Ossoue récupère l’eau de la fonte du glacier du Vignemale, le point culminant des Pyrénées française avec ses 3.298m, et l’achemine par une galerie qui ne fait pas moins de 12.6km. Mais n’espérez pas trop la voir quand vous vous baladez dans le coin, elle est cachée sous les montagnes.

Ah oui, en fait, je ne le vous l’ai pas dit mais droit devant nous, nous apercevons la montagne la plus célèbre des Pyrénées. Regardez mieux. Oui, c’est bien le Pic du Midi de Bigorre! Cette montagne n’est pas si haute que ça, seulement 2876m, mais elle domine le Piémont Pyrénéen ce qui fait que dès le XVIIe siècle, les Hommes l’on conquise pour d’abord y faire des observations astronomiques avec un premier observatoire installé au début des années 1870. Vu la situation exceptionnelle des lieux, ce belvédère sur la France a reçu une première antenne de radio diffusion en 1926 et un émetteur de TV de 1957. Finalement vu l’importance que la télévision a prise, une antenne gigantesque de 102m a été installée tout là-haut en 1963 qui permet de ne couvrir pas moins que 1/7 du territoire. On comprend pourquoi cette montagne est si célèbre.

Voilà, notre balade est terminée, espérons bientôt nous retrouver en air et en roches! Qui sait, peut-être dans ces belles Pyrénées! Saviez-vous que la boulangerie championne du monde des chocolatine (le nom local des pains aux chocolats) se trouve à 100m d’où nous avons commencé la randonnée? Cette vallée est vraiment exceptionnelle!

A bientôt Damien Saucez

Rediffusion Spéciale – Dimanche 5 août 2018 – Tinée – Roya et le trou des Corneilles

On dit de la Corneille, oiseau babillard au cri rauque et puissant, qu’elle criaille, craille, babille ou graille. Elle est aussi surnommée petit corbeau ou corbine à cause de son plumage noir brillant et de ses habitudes qui la rapprochent du corbeau. D’un naturel fort rusé et méfiant, elle ne donne guère dans les pièges qu’on lui tend car son odorat est très subtil.

La Corneille est carnassière et se nourrit de charognes mais aussi de vers, d’insectes, de grains et de noix dont elle est friande, elle pille aussi les nids des autres oiseaux. Comme la pie, elle est capable de parler et de dérober tout ce qui brille.

On prétend que la Corneille vit neuf âges de l’homme, qu’elle sert de guide aux cigognes pour traverser les mers et qu’elle s’allie au héron pour combattre la belette et le renard, ses grands ennemis. Elle a la chouette en horreur et prend un malin plaisir à casser les œufs de cette dernière. La Corneille aurait un instinct pour prédire l’avenir et, de tous les oiseaux, elle était de loin celle que l’on consultait le plus pour les augures en observant son cri, son chant ou son vol. Cependant, les anciens interprétaient son chant comme un mauvais présage. Elle est aussi l’emblème de l’indiscrétion.

Enfin bon, tout ça c’est bien intéressant mais au trou des Corneilles, des Corneilles, on n’en a pas vu du tout ! On a bien vu quelques vautours mais pas le fameux oiseau qui est censé s’abriter dans cette curiosité géologique pour fuir les chaleurs de l’été.

Au départ de Roya 13 courageux marcheurs aguerris, 2 jeunes randonneurs et un accompagnateur en herbe traversent ce charmant village de la Tinée et empruntent la piste qui mène au col de Pal.

Nous aurons le temps de profiter d’une belle matinée en découvrant un panorama magnifique sur le Mont Mounier et ses alentours. La traversée des roubines noires sous les falaises calcaires avec les senteurs de Lavande en fleurs, la découverte des granges typiques de la Tinée, des restanques et des pâturages toujours verts alors que nous sommes presque à la mi-aout…

Tiens pourquoi sont-elles toujours aussi vertes nos montagnes d’ailleurs ? D’habitude, à cette période tout est sec… Ah oui c’est parcequ’il pleut presque tous les jours depuis le mois de Janvier !

Donc inévitablement après notre bain de soleil en bordure de rivière, nous expérimenterons avec plus ou moins de plaisir cette (très) rafraichissante douche d’été  à notre arrivée au Clos Giordan!

On terminera ensuite notre ballade par un verre mérité dans le gîte local où on constatera que tous les randonneurs du coin s’étaient réfugiés.

Merci à tous pour votre sympathique participation à cette randonnée !

A bientôt Raphael