Rediffusion Spéciale : 26 Juillet 2015 – Hameau de Vignols

Pour rejoindre le petit Hameau du Vignols, en zone cœur du Parc National du Mercantour, la route est longue, cahoteuse, escarpée, ravinée, impressionnante, secouante, … mais la récompense est belle! Même si nous sommes encore en voiture, l’aventure commence dès la traversée du village perché de Roubion où nous nous faufilons entre les murs et porches étroits. A peine la dernière maison passée, le bitume disparaît et laisse place à une piste caillouteuse, taillée dans la falaise puis se frayant un passage tortueux dans une épaisse forêt de conifères. Nous sommes en route pour Vignols… et tout le talent de nos chauffeurs est mis à contribution pour atteindre notre point de départ!

Enfin, nous pouvons enfiler nos chaussures de randonnées pour partir à la découverte de ce hameau perdu au fond de ce vallon et de ses alentours aussi ensoleillés qu’esthétiques. Grâce au parfait état de l’ensemble des bâtiments, nous faisons un voyage dans le passé, à une époque où les habitants de Roubion passait ici l’été en quasi autarcie. Il n’y a que les cultures qui ont disparues, mais les anciennes restanques nous permettent d’imaginer l’intense activité qui régnait ici!

Nous élevant au-dessus du village, puis suivant le tracé d’un ancien canal d’irrigation, nous passons aux pieds d’impressionnantes structures minérales formées de cargneule (« une roche sédimentaire de teinte jaune, brune, rouge, rouille, engendrent en affleurant en surface des reliefs ruiniformes, avec des monolithes ou pitons, des cavernes ouvertes. » c.f. wikipedia).

Progressivement, le sommet du Mounier (2817m) se dévoile, au-dessus des barres rocheuses défendant son flanc sud. De l’avis de la plupart des randonneurs, hormis ceux qui ont déjà vécu le plaisir de fouler son sommet, « [ils] n’ont jamais été aussi prêt de lui! ». Il nous dominera majestueusement pendant toute la journée.

Une montée un peu plus raide, seule véritable difficulté du jour, nous permet de prendre de la hauteur et d’ouvrir notre panorama vers le Sud : Beuil, Valberg, les Gorges du Cians, les alpages des Têtes du Pommier, Pérail et Cluos, la Tête de Rigaud, Gréolières les neiges, etc.

Cheminant sur une arrête vallonnée, contournant deux petits sommets, traversant quelques ravines parfois impressionnantes, nous rejoignons l’agréable croupe herbeuse de la Tête de Chamia (2016m), terminus de notre ascension. Sur ce point dominant tous les alentours (sauf, face à nous, le Mounier!), le hameau de Vignols à nos pieds, il est plus que temps de reprendre des forces!

Rassasiés, il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour, passant cette fois auprès d’une impressionnante bergerie, d’immenses troupeaux de moutons occupant aujourd’hui cet espace autrefois cultivé. Attirés pas de nombreux papillons, nos regards se rapprochent des fleurs, nous permettant de découvrir et observer de magnifiques araignées! Nous sommes déjà de retour au hameau et après une rapide visite de la petite Chapelle Sainte Madeleine (en l’honneur de l’un de nos conducteurs du jour!), il ne nous reste « plus qu’à » reprendre les voiture pour terminer cette belle aventure.

Rediffusion Spéciale : 26 août 2012 – les Lacs de Frémamorte

Dimanche 26 août 2012 : ribambelle de lacs… et aconit paniculé
par Michèle Daumas

5 h 45. Réveillés par l’horrible sonnerie du réveil : pas de problèmes, impossible de continuer à dormir. Petit déjeuner sur le balcon ; il fait encore nuit, l’été s’éloigne.
Rendez-vous à Castagniers. Pas bien vifs, on se fait la bise, tout content de retrouver des têtes connues avec notre guide Thomas, que nous apprécions beaucoup et Benoit, stagiaire
Le départ se fait au plus près des vacheries de Salèse. La montée douce est plaisante, sous les arbres, à la fraiche. Ma voiture annonce 13 degrés, température idéale pour faire des efforts.
Arrivée au Col de Salèse une bonne heure après, Thomas nous propose de passer par le lac Graveirette : la montée est très progressive. Au passage, cours sur les fleurs dont l’aconit ou casque de Jupiter, belles fleurs accrochées à de longs épis. Nous pique-niquons autour de ce premier point d’eau où Christine ne résiste pas à la baignade.
Nouvelle proposition de Thomas : si certains le souhaitent, ils peuvent monter directement, au-dessus du lac Nègre. Après quelques hésitations qui s’effacent lors du tour du lac, le groupe se scinde en deux. Thomas mène les plus courageux, les autres de dirigent doucement vers les lacs de Fremamorte avec Benoit.
La montée vers le lac Nègre est raide mais la récompense est double : d’abord des chamois sur le parcours puis une inhabituelle et belle vision du lac.
Nous retrouvons l’autre groupe à l’ombre d’un grand arbre et nous attaquons la dernière montée pour découvrir la succession des lacs de Fremamorte. Certains, les plus beaux, sont cachés du parcours habituel et ce n’est que grâce à nos guides que nous pouvons profiter des deux derniers, comme séparés par un petit barrage, au soleil de fin d’après-midi ce qui les rend particulièrement beaux. Nous avons la chance de croiser un groupe de bouquetins. Quelle joie !
Il ne reste plus qu’à rejoindre les voitures ! La descente du col de Salèse nous parait plus longue qu’à l’aller : la fatigue se fait sentir. Mais nous avons derrière nous une belle journée, des lacs, des chamois et des bouquetins pleins les yeux et la mémoire. Seul mon chat regrettera le retour tardif sur Nice.

Un grand merci à Michèle pour ce beau récit qui nous permettra longtemps de nous souvenir de celle belle randonnée!

Mais connaissez-vous les petits PLUS d’Altiplus ? En effet une sortie avec le club de randonnées Altiplus n’est jamais une journée ordinaire. Et cette rando a été particulièrement riche en « PLUS« !

PLUS de lacs : la question était sur toutes les lèvres en redescendant du Col de Salèse : « Combien de lacs avant nous vu aujourd’hui? ». En me remémorant la randonnée, j’en compte au moins dix!
PLUS d’itinéraires secrets : à l’écart des sentiers balisés, une nature plus sauvage s’offre à nous.
PLUS de bonne humeur : pour comprendre, il fallait être sur le parking de Salèse ce dimanche soir et voir les sourires qui éclairaient tous les visages.
PLUS d’histoires : nous connaissons maintenant la triste légende de Frémamorte de laquelle de nombreux lieux du secteur tirent leur nom.
PLUS de découvertes : chaque sortie est l’occasion de découvrir ou redécouvrir la faune, la flore, la vie, … de nos montagnes.
PLUS d’adaptabilité : les randonneurs les plus en forme ont ainsi pu accéder au Lac Nègre par un itinéraire secret et s’offrir une vue originale sur ce site exceptionnel.
PLUS de ciel bleu : et oui, nous entretenons des relations privilégiées avec Zeus, dieu du ciel et maître du temps météorologique
Enfin les mauvaises langues diront que c’est souvent toujours un peu PLUS de dénivelé qu’annoncé. Mais qui oserait s’en plaindre à la fin d’une journée comme celle-ci ?!

Mais je vais arrêter ici la liste des PLUS d’altiplus au risque de me faire attaquer pour le plagiat d’une publicité pour une célèbre banque!

Place à quelques photos en attendant les vôtres! (09/09/2012 : ajout des photos de Benoît)

La légende de Frémamorte

Légende d’ici et d’ailleurs…

A St Dalmas, on raconte qu’il existait un seigneur grand amateur de femmes, de qui naquit de nombreuses légendes qui marquèrent notre territoire.
Ce seigneur ramenait chaque fois de ses campagnes une nouvelle princesse dont l’on n’entendait plus parler une fois les portes du château franchies. Les gémissements des épouses du monstre, enfermées et mourant de faim, aurait ainsi donné naissance au nom même de val de Blore (val des Pleurs) et du Bramafam (crie la faim).
Mais un jour l’une d’elle réussit à s’enfuir et se réfugia dans une roche voisine de St Dalmas en forme d’excavation… C’est ainsi que cette grotte pris le nom de « Baus de la Frema » (signifiant « Grotte de la Femme »)… Poursuivie, la Belle voulut se réfugier en Italie. Mais affaiblie, mal chaussée, elle se blessa au pied au mont Pétoumier et la gangrène s’installa au Mont Pépoïri (signifiant pied pourri). Elle mourut alors au col qui prit le nom de FremaMorte (col de la femme morte)…

Aurélie Théret, Extrait de « TRAIT d’UNION », n°3 Octobre 2009

Le Casque de Jupiter

« Casque de Jupiter », c’est le nom qu’il faut retenir pour cette plante que nous avons observé au cours de la montée. Mais « Aconit Napel » ou « Aconit Paniculé »? Les différentes sources étant divergentes, le doute subsistera! Nous pouvons tout de même ajouter que c’est une plante protégée, peu fréquente, qu’elle pousse dans les bois frais et humides à la fin de l’été et surtout qu’elle est extrêmement toxique! D’après Wikipédia, elle serait même l’une des plantes les plus toxiques de la flore d’Europe tempérée et la plus toxique de France. J’espère que personne n’a été malade suite à son contact…

Hermine ou Belette?

C’était LA « colle » du jour pour les accompagnateurs : quelles sont les différences (en été) entre l’Hermine et la Belette? La question mérite bien d’être posée car ce n’est pas si évident! Toutes les deux sont très actives, rarement plus de quelques secondes à l’arrêt, toutes les deux sont beiges avec le ventre blanc, toutes les deux se rencontrent en plaine et en montagne, … Mais, et c’est le principal indice, l’hermine à une queue bien plus longue et surtout noire, y compris lorsqu’elle se pare de son blanc manteau hivernal.
On pourrait aussi dire que la Belette est un peu plus petite, qu’elle ne dépasse pas l’étage alpin (alors que l’Hermine monte jusqu’à l’étage nival) et que si vous êtes en Corse cela ne peut être qu’une Belette!

A très bientôt pour de nouvelles aventures.

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Rediffusion Spéciale : 20 Octobre 2013 – Le Clot Giordan

« Averses éparses »… Tout le mystère des prévisions météorologiques résumé en deux mots ! Pas de quoi refroidir les randonneurs d’Altiplus… Refroidir ? Au contraire même, puisque c’est sous la douce lumière du soleil d’automne que nous quittons le petit hameau de Roya, perdu au fond de sa vallée, au pied du célèbre Mont Mounier. Un soleil qui illumine le paysage de milles couleurs : vert, jaune, orange, rouge, bleu… qui contrastent avec le noir des marnes sur lesquelles nous marchons.

C’est dans ce festival de lumières, au flanc des ravines, que nous atteignons quasiment sans effort le plateau du Clot Giordan où, en nous promenant entre restanques et anciennes granges, nous imaginons quelques instant la vie d’autrefois dans ces pâturages.

Mais les nuages qui jusqu’à présent se bloquaient sur le Mounier ont bien débordé et le ciel nous gratifie maintenant de quelques gouttes… Le doute s’installe : continuer ou s’abriter ? Mais nous ne sommes pas venus là pour faire la sieste dans le foin d’une grange ! C’est donc d’un bon pas que nous attaquons les pentes herbeuses mais abruptes qui nous mènent sur les crêtes de la station d’Auron. Tout juste rafraîchis par quelques averses éparses : la météo ne s’est pour une fois pas trompée!

Après une pause pique-nique bien méritée mais rapide (il ne fait pas très chaud à 2100m!), nous parcourons les tranquilles crêtes du Blainon pour rejoindre le GR5. Le GR5 ? Une randonnée hors du commun, de la Mer du Nord à la Méditerranée, soit 2600 kilomètres ! Rien que ça ! C’est donc le GR5 qui nous ramène au Clot Giordan, via la Chapelle Saint Sébastien. Là, dans ce paysage qui a inspiré le poète Patrick Joquel, je vous ai récité quelques uns de ses vers, décrivant à leur manière ce lieu si particulier :

Ici la solitude absorbe les saisons
Leurs ombres se déchirent aux crocs des ravines
Ici, le temps n’est qu’un flot de lumière une écharpe au flanc des pentes abruptes…
Solitaire, un muret muet interroge l’immobile présence des pierres…
Paupière ébréchée, une chapelle insensiblement délabre son clocher…

Source : Hautes Drailles (poésie), Patrick Joquel, Éditions Encres Vives

Roya, et donc nos voitures, sont maintenant à nos pieds. Il ne nous reste plus qu’à descendre, de restanques en restanques, comme au long d’un escalier géant, sous le regard menaçant d’une multitude de Vautours qui nous surveillent de près… Mais les randonneurs d’Altiplus ayant le pied sûr, aucun d’entre nous ne leur servira de repas, ouf!

Finalement, le ciel nous aura bien laissé profiter de ce beau circuit à la rencontre de la vie d’autrefois dans les terres à blé du Mercantour…

Photos de Alice, Béatrice et Thomas

23 avril 2017 : Le Mont Arpille

L’Arpille est un sommet perdu au fin fond de la vallée de l’Estéron. Perdu, mais dominant toute la région, offrant un incroyable panorama à 360° (presque une vue aérienne!)  sur les vallées alentours au relief escarpé, les petits villages perchés, … et au fond le Mercantour encore enneigé! D’ailleurs le sommet abrite un poste de guet pour les incendies.

Pour répondre à nos questionnements concernant l’étymologie du nom Arpille, vous pouvez lire cet essai de toponymie de la commune du Mas (sur laquelle s’est déroulé l’intégralité de notre randonnée), mais sachez que la racine « Arp » que l’on retrouve fréquemment en montagne (Arpille comme ici, mais aussi Arpette, etc) est un dérivé de la racine « Alp » et désigne toujours une zone d’alpage, de prairie. Tout simplement!

Merci à tous pour votre présence lors de cette sortie qui sera peut être la dernière avec Altiplus pour moi…

Merci à Laurent pour toutes ses belles photos.