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Samedi 5 mai – La cime de Linière et la Pointe Calveira

Parce que Georges Duhamel est un auteur injustement oublié et qu’il est pourtant à compter au nombre des plus grands écrivains du XXème siècle, nous avons décidé ce soir de publier ici un extrait d’un de ses ouvrages afin de contribuer à lui rendre la notoriété qu’il mérite.

Bien sûr, vous nous direz sans doute, que vous aimeriez plutôt savoir ce qu’il s’est passé ce samedi du côté de Sospel dans le cadre de la section sportive d’Altiplus. Eh bien, permettez-nous de vous répondre ceci : vous n’aviez qu’à venir et si vous n’êtes pas content, c’est pareil.

Voici donc un extrait de « Vie des Martyrs » (1917), témoignage édifiant écrit au cours des trois premières années de guerre alors que Georges Duhamel officiait en qualité de médecin dans les hôpitaux de campagne qui prenaient en charge les blessés sitôt qu’ils avaient pu être évacués de l’infâme bourbier qu’était le front :

Si la pudeur était bannie du reste de la terre, elle se réfugierait sans doute dans le cœur de Mouchon. Je le vois encore arriver, sur son brancard plein de petits cailloux, avec sa capote engluée de boue, et sa belle figure candide d’enfant bien élevé.

 — Faut excuser, me dit-il, on ne peut pas être tout à fait propre…

 — As-tu des totos? demande l’infirmier en le déshabillant.

Mouchon rougit et se trouble:

 — Oh! si j’en avais, ils ne seraient pas à moi, sûrement!

Il n’a pas de poux, mais il a la jambe cassée, « rapport à une torpille ». On fend la culotte, et je me dispose à faire enlever la chaussure. Mouchon avance la main et propose timidement:

 — On pourrait laisser la chaussure.

 — Mon gros, on ne peut soigner ta jambe sans enlever la chaussure.

Alors, Mouchon, tout ronge d’émotion :

 — Mais, si on enlève la chaussure, ça va sentir…

J’ai souvent songé à cette réponse. Crois-moi, Mouchon, je n’ai pas encore rencontré le prince digne de te déchausser et de laver tes humbles pieds.

Et maintenant, courez vite jusqu’à la librairie la plus proche avant qu’elle ne ferme.

PS : Le premier qui commande sur Amazon sera exclu éternellement du club. Le second et tous les autres qui oseraient suivre cet ignoble individu dans la perpétration de cette forfaiture seront juste exclus définitivement. C’est à dire qu’ils pourront corrompre un accompagnateur du club avec des gâteaux faits maison pour pouvoir espérer être réintégrés un jour. A toutes fins utiles, sachez que le seul accompagnateur corruptible dans ce club est Matthieu. Avec les autres ce n’est même pas la peine d’essayer. Ils sont vertueux comme… je ne sais pas moi… ah si, tiens, je sais… comme les policiers de la brigade du Tigre sur Antenne 2.

Dimanche 22 avril 2018 – De Torri à Collabassa

Vous auriez vu ce soleil ! Il nous toisait de haut, son regard implacable fiché au fond de son orbite sur sa face d’astre du jour imbuvable et narquois, et semblait se délecter du poids qu’il ajoutait ainsi sur nos frêles épaules. Mais quoi ! Ne sommes- nous pas les guerriers de la sente improbable ? Nous étions équipés de tout notre attirail : chapeau, lunettes, crème solaire, eau en abondance et envie d’en découdre…

La lutte fut homérique. Mille fois, entre deux bosquets d’arbres pusillanimes, il nous assaillit de ses rayons ardents qu’il décochait tels des flèches acérées à la pointe enflammée sur toutes les parties de notre anatomie exposées à ses brûlantes piques sans se soucier seulement du désordre cosmique qu’un tel combat ne manquerait pas de provoquer là-haut, au royaume des astres, où le vide le dispute à l’ennui de toute éternité.

La lutte promettait d’en laisser quelques-unes sur le carreau. Des épaules imprudemment découvertes, des têtes non chapeautées, des chats bottés sans tête, des mollets saillant entre la tige de la chaussure et l’ourlet du bermuda et quelques gourdes à la contenance encombrée de modestie constituaient d’incontestables failles dans notre système de défense.

Il fallait que nous prissions des mesures radicales. L’idée nous vint de sacrifier les plus faibles d’entre nous. De les offrir en holocauste à notre ennemi grandiose et impitoyable. Mais notre guide en ce chemin avait d’autres desseins. Sur ces collines où résonnaient autrefois les chants des semailles et des récoltes maintes fois dans l’année se trouvaient nos alliés les plus redoutables. Certains avaient vu le soleil se déhancher lentement d’un horizon malhabile vers un zénith triomphant plus de 500 fois ! Ils connaissaient ses ruses. Ils avaient médité les leurs. Et le soleil avait renoncé à les soumettre à sa loi. Sous leur ombre multiséculaire, nous trouvâmes un abri. Et nous reprîmes des forces. Dans un champ d’oliviers…

La lutte fut rude et sans doute sans pareille dans l’histoire de ce petit coin du monde épargné par les ors funestes de la modernité. Mais nous fûmes vainqueurs. Et comme disait Desproges, qui était un soleil à nul autre pareil : vingt cœurs, ça n’est pas rien…